Obésité infantile : l’activité physique en plein dans le ViF !

Après plusieurs années de messages martelés – sans effet suffisamment significatif – le « bouger » revient au devant de la scène.

Le duo « manger-bouger », supposé gagnant, n’a pendant longtemps privilégié que le « manger », et encore de façon insuffisante pour être adopté de façon inconditionnelle. Afin de créer des environnements favorables, qui peuvent seuls aider de façon concrète les modifications de comportement, le programme EPODE – qui en une dizaine d’années a connu quelques succès, se rebaptise « Vivons en forme » afin de développer ce volet incontournable de l’activité physique.

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Basé sur la dynamique à l’échelle d’une ville, ces programmes viennent apporter des outils pratiques pour accompagner les structures à offrir des dispositifs répondant aux enjeux définis.

Diffuser un message sans donner les moyens de l’appliquer ne sert pas à grand-chose : dire aux gens qu’il faut bouger, sans leur dire que pour cela ils ne sont pas obligés d’être ou de devenir de grands sportifs, ni de s’inscrire dans des clubs pour lesquels ils n’ont pas le budget est important. De même, créer de nouvelles formes d’activité pour répondre à des besoins différents et le tout accessible au plus grand nombre n’est possible que s’il y a formation des acteurs et un minimum de subvention.

Le programme « Vivons en forme »

« Vivons en forme » avec l’appui des collectivités, mais également des ministères et des partenaires, favorise le montage d’opérations bien pensées et pouvant être mises en oeuvre rapidement. Programme de promotion de axé sur l’alimentation et l’activité physique, il est proposé aux villes qui le souhaitent comme méthodologie de mobilisation d’acteurs de proximité qui vont pouvoir contribuer à aider les familles à adopter des comportements plus favorables à leur santé. « Vivons en forme » est un programme de prévention santé initié, coordonné et animé par l’association FLVS. Son objectif est de prévenir l’obésité chez l’enfant, garantir la santé et le bien-être de tous et contribuer à réduire les inégalités sociales de santé en matière d’alimentation et d’activité physique. Cette démarche est aujourd’hui mise en place et animée par 250 communes en France.

L’objectif du programme « Vivons en forme» est d’aider les familles à modifier en profondeur et durablement leur mode de vie grâce à la mobilisation des acteurs locaux dans les municipalités impliquées. L’idée est de développer et d’enrichir l’offre de proximité pour favoriser des comportements favorables à la santé en cohérence aux recommandations du Programme National Nutrition Santé et à la prévention de l’obésité chez l’enfant, axés principalement sur :

  • une alimentation équilibrée, diversifiée, abordable et plaisante au niveau familial ;
  • la pratique d’activités physiques régulières pour tous, intégrées dans le quotidien ;
  • un environnement local favorable à l’intégration de ces bonnes pratiques.

Le programme “Vivons en forme” met à disposition des structures municipales et du tissu local, des outils et des actions concrètes à mettre en place pour parvenir à cet objectif et sa philisophie repose sur :

  • la non-stigmatisation des personnes, des comportements et des aliments ;
  • l’aide particulièrement aux familles plus vulnérables sans les isoler dans l’action de proximité ;
  • la prise en considération de la « modernité alimentaire » : praticité et faible investissement / temps / préparation ;
  • l’approche positive, progressive et concrète centrée sur le plaisir de manger, de bouger et de partager ;
  • le renforcement du partage, du lien et de la cohésion sociale ;
  • la promotion d’une santé durable.

Quand on interroge Sandrine Raffin, chargée de la communication du programme, sur les raisons du déficit d’information et d’action autour de l’activité physique comparé au volet sur , elle nous explique que cela est sans doute lié à un secteur qui est moins structuré – sorti des fédérations sportives : il faut donc encourager les professionnels à s’impliquer sur le terrain et offrir de nouvelles alternatives. Retrouvez ses propos dans la vidéo :

Avec un thème par année, le programme ViF s’est intéressé en 2010 à la question des portions, notamment chez ls 18-36 mois, et à la question du partage en 2011 à travers des publications sur le goûter et l’activité physique, les cantines, et les Ambassadeurs(recruter des ambassadeurs, au sein de la ville, spécialistes dans un domaine, invités à partager leur savoir-faire autour de la cuisine et/ou des activités avec la communauté).

2012 s’oriente encore plus vers l’activité physique

Un réseau qui commence à se structurer

Afin de répondre aux besoins du plus grand nombre en matière d’accompagnement sur les questions d’activité physique, plusieurs structures existent de façon plus ou moins locales et ont besoin de se faire mieux connaître du grand public.

Comme l’explique le Professeur Monique Romon, présidente de l’association FLVS, on ne peut aider les personnes que si on leur propose des solutions pratiques. C’est pourquoi des consultations et des activités spécifiques ont été mises en place notamment dans la région Nord/Pas-de-Calais. C’est le cas par exemple du réseau Osean dont les objectifs sont de :

– assurer aux patients adultes et enfants, atteints d’obésité grave, la prise en charge la plus adaptée ;

– prévenir l’obésité grave en organisant la proximité des soins et la prise en charge des patients obèses de la région dans le cadre de réseau de santé ;

– harmoniser la prise en charge de l’obésité de l’enfant et de l’adulte au niveau régional ;

– faciliter l’accès au soin et la prise en charge despatients obèses vivant en milieu défavorisé.

Parmi les solutions proposées, des séances d’APA (activité physique adaptée) sont proposées.

Les bénéfices de ces séances sont multiples : stopper la , avoir un corps qui répond mieux (plus ferme, plus tonique, plus souple), avoir plus de souffle. Elles permettent également de se socialiser ou de se resocialiser pour des personnes qui peuvent se sentir stigmatisées ou exclues. Le fait de ne pas souffrir du regard des autres en étant dans un environnement bienveillant aide également à passer le cap et de s’inscrire à ce genre de séances.

Parmi les acteurs du programme ViF, l’Institut des Rencontres de la Forme (IRFO) intervient en appui. Cette structure contribue à la création d’outils à la fois pour l’évaluation de la forme des habitants, mais également pour développer des actions liées à l’activité physique et sportive comme avec :

  • sebouger.com : chacun peut y créer (gratuitement) son espace personnel afin de suivre son état de forme, et trouver sur le site toutes les informations nécessaires pour démarrer ou reprendre une activité physique ;
  • les Chemins de la Forme®, projet d’aménagement du territoire original développé par l’IRFO : ils visent à offrir aux populations des espaces de loisir et de bien-être à la fois ludiques et pédagogiques, afin d’encourager et faciliter la pratique des activités physiques ou sportives, prioritairement la marche, marche nordique et course à pied, ainsi que les pratiques de détente et de relaxation ;
  • l’IRFO propose 2 niveaux de formations : formation niveau 1 et 2 : la formation niveau 1 propose aux personnes des outils adaptés pour devenir acteurs de leur propre forme. Le niveau 2 a pour objectif de former de véritables ambassadeurs de la forme, personne relais dans leur entreprise ou leur organisation, qui pourront orienter, conseiller et fournir des idées et outils simples à leurs collaborateurs et à leur entourage pour les aider à se sentir mieux.

 

 

L’Institut a également mis en place un Observatoire Régional de l’activité physique et sportive en lien avec l’ARS Nord Pas de Calais. Il permettra de suivre les évolutions de l’état de forme en particulier sur la région mais aussi au niveau national, à partir des données collectées, pour mieux comprendre les inégalités de santé et trouver des leviers pour accompagner le changement des comportements.

 

Il est donc évident qu’agir au plus près du quotidien représente un enjeu et une réponse forts pour agir dans le sens du développement d’une offre d’activité physique adaptée à tous. L’action du programme ViF, en s’inscrivant dans la proximité, au niveau local et en impliquant les villes, est un atout majeur dans la prise de conscience et l’accélération du phénomène. Le congrès qui a eu lieu en février a réuni 160 participants et le maire d’Asnières qui l’accueillait s’est révélé très concerné : sa ville fait d’ailleurs partie des six villes du département des Hauts de Seine a avoir signé un contrat local de santé avec l’ARS (agence régionale de santé). Ces contrats ont pour objectif de réduire les inégalités de santé en agissant au niveau des territoires, au plus près des besoins des populations. Car le territoire où l’on vit  peut devenir un réel atout pour être en bonne santé.

 

 

 

 

 

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