Obésité infantile : un gros bébé préfigure-t-il un adulte obèse ?

À la question de savoir s’il y a ou non corrélation entre le élevé d’un bébé à la naissance et le risque d’obésité infantile, bon nombre de personnes ont tendance à répondre oui un peu vite. Une étude de chercheurs américains, financée par les Centers of Disease Control and Prevention (Centres de Contrôle et de Prévention de la Maladie), nous incite à nuancer ce jugement.

 

La rapidité de la prise de poids durant les deux premières années de l’enfant semble primordiale pour effectuer un diagnostic, ce qui ouvre de nouvelles perspectives à la prévention. 

 bebe

 

44 000 bébés observés

 

Les chercheurs de l’École de santé publique de Harvard sont parvenus à cette conclusion par un vrai travail de fourmi : en mesurant le poids et la taille de plus de 44.000 nourrissons, à intervalles de six mois, entre l’âge de 1 mois et 2 ans, il s’est avéré que les bébés « pressés », ayant sauté 2 catégories de poids, et dont la prise de poids a été trop rapide, sont plus susceptibles d’être atteints d’obésité à l’âge de 5 et 10 ans. Le rapport avec les qui, eux, ont pris du poids à un rythme normal, apparaît même du simple au double, s’agissant du risque d’obésité à l’âge de 5 ans, et ils présentent, en comparaison, 75% de risque supplémentaire d’obésité à l’âge de 10 ans.

Cette étude, s’appuyant sur le suivi de 44.622 enfants pendant les 10 premières années de leur vie, tend par conséquent, selon ses auteurs, à confirmer que la progression plus ou moins rapide de l’excès de poids chez le nourrisson peut être associée à l’obésité dans l’enfance, même si elle n’est pas projetable à l’âge adulte. En effet, d’autres études ont déjà montré que le gain de poids en début de vie n’autorise pas à prédire l’obésité à l’âge adulte.

Chaque taille d’enfant au regard de son poids étant lisible sous forme d’un graphique de croissance, les chercheurs ont réparti les enfants suivis par « centiles » (5e, 10e, 25e, 50e, 75e, 90e et 95e), leurs résultats se fondant sur pas moins de 122.214 mesures.

 

 3fdabe00ee9a28aff525451f015e7fdc

L’essentiel se joue dans les 24 premiers mois

 

Si le constat demeure bien que pour les bébés dits « gros » à la naissance ou dans leurs premières semaines de vie, le risque d’obésité ensuite est plus élevé que pour les enfants à faible poids de naissance.

Le fait nouveau important démontré par ces recherches est bien l’incidence du facteur croissance rapide du rapport poids/taille puisque, repéré dans les 24 premiers mois de vie, celui-ci renvoie à une prévalence moyenne de l’obésité de 11,6% à l’âge de 5 ans, et de 16,1% à l’âge de 10 ans.

Pour affiner, en cas de montée de deux percentiles au cours des six premiers mois, il indique un risque plus élevé d’obésité à l’âge de 5 et 10 ans : 32,9%, contre 19,7% chez les enfants ayant eu une progression poids/taille normale.

En cas de montée de deux percentiles ou plus durant le parcours, manifestement si sensible, des 24 premiers mois, un risque double d’obésité à l’âge de 5 ans, et accru de 75% à l’âge de 10 ans.

L’image des bébés joufflus que l’inconscient collectif a toujours associés à un signe de bonne santé doit donc s’effacer pour recommander désormais aux pédiatres de surveiller l’excès de poids durant les deux premières années de vie, afin de mieux prévenir l’.

Source: Archives of Pediatrics & Adolescent Medicine, «Early Identification of Children at Risk of Developing Obesity» (10.11.2011).


Complément d’information : une étude française permet de mettre en place un test de dépistage précoce de l’obésité infantile

En France, 16% des enfants sont en surpoids ou obèses. Le Dr Hélène Thibault, pédiatre, chercheur  à l’Inserm et enseignante à l’Université de Bordeaux a réalisé une étude sur 1500 enfants de 8-9 ans qui établit un lien entre un test précoce de détection et un risque d’obésité à partir de l’étude  attentive de la courbe de poids : cette courbe suit une augmentation du poids pendant la première année de vie, une diminution du poids jusqu’à six ans, puis un « rebond d’adiposité », c’est-à-dire  une augmentation du poinds jusqu’à la fin de la croissance. Ce rebond est le point de repère :

« Plus le rebond est précoce, plus le risque de développer une obésité est important »

A partir des données recueillies auprès des 1500 enfants, pour prédire un risque de surpoids, il a fallu à l’équipe combiner deux critères : l’existence d’un surpoids à 3/4 ans ou 5/6 ans et l’augmentation de l’IMC (Indice de Masse Corporelle)  de plus d’un point entre ces deux âges.

« Entre 5 et 8 ans, les enfants ayant une corpulence normale paraissent plutôt minces », ce qui rend difficile de repérer un surpoids en train de se constituer, dit le Dr Thibault. « Et un surpoids installé à 10 ans entraîne une prise en charge plus compliquée ».

Traduit à partir de : http://health-med-news.com/health/obesity-of-children-a-test-early-to-predict-the-overweight/

Et : http://sante.24heures.ch/article/lob%C3%A9sit%C3%A9-chez-lenfant-un-d%C3%A9sastre-qui-peut-%C3%AAtre-pr%C3%A9vu-et-pr%C3%A9venu

Auteurs L.E / T.A

Share

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.