Mieux manger : et si c’était la clé de la longévité ?

La 58e édition des journées nationales de nutrition et de débute aujourd’hui à l’hôpital de la Timone, à Marseille

Chaque année, le Pr Denis Raccah, chef du service d’endocrinologie des hôpitaux Sainte-Marguerite et Conception le répète : « C’est à Marseille qu’a été fondée, il y a un peu plus d’un demi-siècle par le Pr Jean Vague, la plus grande école de diététique en France. »

Depuis ce jour, celle-ci reste une référence comme en témoigne le succès des journées nationales de diététique et de nutrition organisées par l’Assistance Publique-Hôpitaux de Marseille. La 58e édition, qui débute aujourd’hui, en présence de 400 spécialistes, devrait encore être très riche en enseignement. « Excepté le dernier jour ouvert au grand public, les conférences s’adressent à un auditoire majoritairement composé de diététiciens, de nutritionnistes, de médecins et autres spécialistes », précise le président de ces journées.

En ouverture, le Pr Denis Raccah évoquera les nouvelles stratégies en matière de traitement du diabète de type 2. Cette maladie, caractérisée par une hyperglycémie chronique, peut, si elle n’est pas contrôlée, entraîner un risque accru de problèmes cardiovasculaires. « Un fléau », rappelle le professeur, d’autant que l’OMS (Organisation mondiale de la santé) prévoit qu’en 2030, le diabète sera la septième cause de mortalité dans le monde. « En France, cette maladie touche près de 4 millions de personnes dont 500 000 qui l’ignorent. »

L’évolution des traitements et notamment l’apparition de nouvelles molécules permettent aujourd’hui aux malades de vivre mieux. « Nous n’allons pas présenter de nouvelles molécules mais nous allons expliquer l’intérêt d’associer les traitements d’emblée pour intensifier leurs actions, reprend Denis Raccah. Jusqu’ici, dans le traitement du diabète de type 2, on préconisait l’escalade thérapeutique, c’est-à-dire l’ajout de médicaments au fur et à mesure de l’évolution de la maladie. Les dernières études menées remettent en cause ces directives. Au contraire, elles montrent que l’association d’emblée des médicaments aun impact positif dans la durée du contrôle du diabète etparticulièrement dans la protection des maladies cardiovasculaires. »

« L’idéal serait d’allaiter six mois minimum »

Une session de travail sera également consacrée à de la femme enceinte ou allaitante. Selon le docteur Thierry Coste, nutritionniste, on allaite un peu plus en France, mais pas assez longtemps. « Le temps moyen est autour de trois mois alors que l’idéal serait six mois minimum. » Il rappelle aussi que rien ne vaut le lait maternel. « Les différentes études montrent que le lait maternel est une substance très dure à copier en raison des centaines de molécules qu’il contient. C’est pourquoi il faut être vigilant sur les laits infantiles de substitution. Tous ne sont pas équivalents. N’oublions pas que l’apport spécifique du lait maternel évite certaines carences qui pourraient entraîner par la suite l’apparition des maladies modernes. Il est impératif de regarder la composition. »

Thierry Coste cite aussi certaines recommandations d’hygiènes de vie, avant et pendant l’allaitement : « Le bébé peut connaître des problèmes d’endormissement voire être un peu plus excité en cas de prise excessive de caféine par la mère. Les sodas sont à éviter tout comme le tabac pendant la période d’allaitement. La nicotine passe dans le lait et peut en modifier le goût. »

Mieux manger pour mieux vieillir

Enfin, une conférence ouverte au public clôturera ces journées. Le Dr Monique Ferry, gériatre (Hôpitaux de Paris), fera le point sur l’utilité de mieux manger pour mieux vieillir. « Une nutrition équilibrée est un élément indispensable pour un vieillissement harmonieux. Il faut avoir des habitudes alimentaires adéquates. On ne le répétera jamais assez : la consommation de fruits et légumes a un effet protecteur sur , notamment parce qu’ils apportent les antioxydants qui protègent nos cellules du vieillissement »,poursuit Thierry Coste.Un autre point sera soulevé lors de cette réunion publique : la dénutrition des personnes âgées. « Avec l’âge, on a tendance à diminuer l’apport protéique. C’est justement ce qu’il ne faut pas faire. On peut moins manger de viande mais compenser ce déficit par des oeufs ou des produits laitiers. »

La doyenne de l’humanité, qui vient de s’éteindre à 117 ans, avait livré le secret de sa longévité : un régime à base de trois oeufs par jour…


– Journées nationales de diététique et de nutrition : d’aujourd’hui à mercredi, amphithéâtre HA1 de l’hôpital de la Timone, à Marseille (5e). – À noter, mercredi à 14 h, « Mieux manger pour mieux vieillir : une stratégie gagnante », conférence-débat ouverte au grand public. Les inscriptions sont gratuites et obligatoires sur jndietetique@orange.fr – Programme : http://fr.ap-hm.fr

Florence Cottin

Source : Marseille | Mieux manger : et si c’était la clé de la longévité ? | La Provence

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