L’ostéopathie : facteur X dans le traitement de l’obésité

L’équipe Oostéo est ravie de compter sur la présence d’Anthony Dechy, ostéopathe DO à Voisins le Bretonneux, diplômé de l’Institut Dauphine d’Ostéopathie, et de le recevoir aujourd’hui pour une interview exclusive consacrée aux bienfaits de l’ostéopathie sur les personnes obèses, en reprenant notamment les études menées par Anthony dans son Mémoire pour lequel il a reçu les félicitations du jury.

Anthony, que peux-tu nous dire sur l’obésité en France actuellement ?

En 2012, l’enquête Obépi mettait en avant une augmentation de la prévalence de l’obésité. A l’heure actuelle, nous pouvons indiquer que 15 % des adultes français de plus de 18 ans présentent une obésité (30 kg/m² ≤ IMC) alors que comparativement, la France comptait 8,5 % de personnes obèses en 1997. Ce qui veut donc dire qu’en l’espace de 15 ans, la prévalence a presque doublé !

L’OMS établit que « la cause fondamentale de l’obésité et du surpoids est un déséquilibre énergétique entre les calories consommées et dépensées ». Parmi les circonstances déclenchantes les plus fréquentes figurent l’arrêt de l’activité sportive, les évènements hormonaux (puberté, grossesse, ménopause), émotionnels ou affectifs (dépression, deuil), les changements d’environnement relationnels (mariage, divorce, déménagement) ou professionnels (perte d’emploi), les interventions chirurgicales, le sevrage tabagique, certains médicaments (stéroïdiens, neuroleptiques ou antidépresseurs).

Face à cet enjeu majeur de , l’Etat a donc mis en place un plan obésité entre 2010-2013. L’organisme mondial de s’en inquiète, effectivement outre les pathologies mécaniques que cela entraîne (tel que l’arthrose, douleurs lombaires, du genou…), le surpoids et l’obésité sont des facteurs de risques d’autre pathologies métaboliques (apnée du sommeil, défaillance cardiaque, stase veineuse des membres inférieurs, embolie pulmonaire, diabète…).

 

Merci pour ces précieuses informations, néanmoins, pourquoi avoir choisi ce sujet de mémoire ? En quoi a t-il été complexe de trouver les informations pour répondre aux problématiques choisies ?

Je recherchais avant tout un sujet qui avait été peu travaillé de manière à pouvoir montrer l’importance du champ d’action de l’ostéopathie et élargir mon domaine de compétence. Finalement, on trouve relativement peu d’ouvrages ou revues concernant l’ostéopathie et l’obésité. De fait, nous prenons conscience du fait qu’il faudrait combler ce manque en faisant un pont entre l’obésité et l’ostéopathie.

Pour mon étude, le recrutement des patients s’est effectué à l’hôpital Louis Mourier de Colombes (92), centre de référence de prise en charge médicale et chirurgicale de l’obésité adulte (service de chirurgie digestive). Je tiens au passage à remercier tout particulièrement le Dr Séverine Ledoux qui a cru en mon projet et qui m’a ouvert les portes de son service.

L’objectif de notre étude était de savoir si l’ostéopathie peut avoir un apport positif dans la prise en charge de la marche chez les patients en état d’obésité. J’ai donc réalisé 3 consultations à 15 jours d’intervalle sur les patients volontaires de l’hôpital répondant à nos critères. A la fin des 3 consultations nous avons évalué la différence entre les douleurs, la facilité à se mouvoir et la reprise d’une activité sportive avant et après traitement.

Il s’est avéré que les douleurs présentes lors de la marche avaient diminué de moitié et même si les patients n’ont pas la sensation de douleurs ils parlent de gênes et de blocages, qui ont elles aussi disparues.

De manière plus générale, nous avons eu d’autres améliorations qui n’étaient pas attendues mais qui, après réflexion, semblent « refléter » une évolution normale du traitement effectué. Par exemple, sur les 15 patients qui se plaignaient de constipation, tous ont déclaré avoir eu une amélioration au niveau du transit intestinal et se sentaient moins gênés et ballonnés durant la journée.

De plus, après l’interrogatoire de la première consultation, 16 patients se présentaient avec la sensation d’avoir « une cage thoracique trop petite ». Après les 3 consultations, 7 patients avaient déclaré être améliorés. Cette amélioration s’explique par le fait que durant notre traitement nous avons investigué et travaillé sur le diaphragme. Pour avoir plus d’impact, il aurait donc fallu travailler sur des éléments en rapport avec la respiration.

 

Penses-tu que la situation en France va s’améliorer ? Quels conseils pratiques donner à l’ensemble des lecteurs pour ne pas se retrouver confronté à ces contraintes ?

Pour commencer, le patient obèse doit, avant d’être vu comme un obèse, être vu comme un patient. L’ostéopathe doit pour cela avoir une connaissance précise de l’obésité et connaître les principes de sa prise en charge dans notre système actuel par les différents acteurs de santé.

Il est important d’expliquer au patient que l’ostéopathie est une aide et non un moyen de « guérir » l’obésité. En revanche, cela permet au patient de reprendre une dans de meilleures conditions. Il est important pour le patient d’être entouré d’une équipe pluridisciplinaire, (médecin nutritionniste, coach sportif, ostéopathe, psychologue, cardiologue…)

Personnellement, il est conseillé de garder une activité physique et limiter les trajets en voiture (chercher le pain à pied par exemple). Pour reprendre une activité un peu plus intense telle que la course ou tout autre sport, mieux vaut commencer par avoir un avis médical.

Source : L’ostéopathie : facteur X dans le traitement de l’obésité | Oostéo

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