La petite revue de presse de l’obésité

par Jacques Jolly

Un article lu dans l’avion tiré du “monde” du 14 novembre:

L ‘humanité prend du poids. Cette tendance de fond dépend de nombreux facteurs, comportements et génétiques.

La flore intestinale joue, elle aussi un rôle capital dans la régulation des apports nutritifs. En effet, la composition de la flore intestinale constitue un facteur supplémentaire, jusqu’ici négligé. Un déséquilibre dans la population bactérienne se révèle capable d’engendrer un surpoids, comme le montre une étude sur la souris publiée mercredi 11 novembre dans la revue “Science translational medecine”

La démonstration apportée par Jeffrey Gordon et ses collègues est éclatante : transférée à des souris exemptes de flore intestinale, celle provenant de matière fécale humaine est rapidement modifiée par un surchargé en et en graisse. Cette population bactérienne se montre à son tour capable de rendre obèses des souris qui suivent un régime alimentaire normal. Ils ont pour cela recréé l’écosystème de l’intestin humain en se servant de souris dépourvues de flore intestinale. Soumis à un régime riche en graisses et en sucres, ce type de souris transgéniques ne devient pas obèse. Les chercheurs ont introduit dans l’intestin de ces souris la flore présente dans les excréments humains . Les Souris de laboratoire ont présenté par la suite une flore intestinale tout à fait comparable à celle présente chez l’homme. Mieux elles ont transmis ce type de population bactérienne à leur descendance. Les souris porteuses d’une flore d’origine humaine avaient une masse graisseuse plus importante que celles dépourvues de flore. D’abord soumises à un régime pauvre en graisse et riches en fibres, les souris “humanisées” ont ensuite été soumises à une alimentation très grasse et très sucrée. Une seule journée de ce régime qualifié “d’occidental”par les auteurs, a suffi à provoquer une modification de la composition de la flore .

Etape suivante, la flore des souris soumises à ce régime a à son tour été transférée dans l’intestin de souris sans flore. Résultat : même maintenues à un régime pauvre en graisses et en sucres, ces dernières ont connu un accroissement de la masse graisseuse. Dans ces conditions, la flore des souris humanisées soumises à un régime hypercalorique a donc suffi à entrainer une obésité chez des souris sans flore intestinale.

Pourra-t-on un jour modifier le poids corporel en modulant l’équilibre de la flore intestinale ? Pour valider ce concept, il faudra, comme le reconnaissent les auteurs, mener des essais cliniques ”pour tester les effets des facteurs environnementaux et génétiques sur la flore intestinale et la physiologie de l’hôte”.

Mots-clés : flore intestinale régulation obésité étude


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