Explorer toutes les pistes de la prévention, pour casser l’effet transgénérationnel de l’obésité

L’Obobs a été invité à assister à la présentation dédiée aux acteurs institutionnels des résultats de l’étude Obépi-Roche 2009.

Cette étude est la cinquième du genre : débutée en 1997, elle a lieu tous les trois ans, selon le même protocole.

Malheureusement les chiffres ne sont pas bons.

Pourtant, il faudra faire attention : là où les médias se contenteront de ne souligner que cet aspect des choses, d’autres en profiteront pour devenir les détracteurs des différents programmes et actions de mis en place. Or, justement, même si les chiffres français du et de l’obésité sont alarmants – car ils concernent désormais presque la moitié de la population (cf. graphique), la courbe d’évolution de la France se caractérise par un démarrage du phénomène plus récent et une pente moins exponentielle que chez nos voisins européens (avec en tête l’Angleterre) et chez le mauvais exemple caricatural des Etats-Unis.

Et ceci s’explique aussi par la mise en place très précoce de programme d’action et de prévention.

Le fameux PNNS, version 2 [lire notre article sur le sujet] en cours est actuellement évalué (les résultats seront communiqués au Gouvernement en Mars 2010) et quoiqu’il en soit, ce plan est mille fois plus évolué et structuré que les premiers jalons proposés par l’administration Obama, désarmée face au fléau et qui rencontre de plus l’hostilité de la « communauté obèse locale ».

A la vue des chiffres de l’étude Obépi-Roche 2009, certains constats s’imposent et obligent à prendre les mesures qui s’imposent :

– si l’on compare les générations depuis 1918, malgré les différences sociétales, les courbes d’évolution sont parallèles, cependant l’âge  auquel la génération a passé le cap des 10% d’obèses arrive de plus en plus jeune : il y a donc bien un effet au long cours du problème de surpoids et d’obésité, qui rend la problématique transgénérationnelle ;

– les maladies associées à l’obésité sont de plus en plus fréquentes et de plus en plus associées : les personnes interrogées ont pour la plupart de l’hypertension, du diabète et du cholesterol et ont un traitement pour, et de plus en plus pour les trois en même temps ;

– la géographie a une incidence mais qui s’estompe, cependant le niveau de revenu reste une problématique majeure dans le développement des problématiques de surpoids et d’obésité.

Le Professeur Arnaud Basdevant, Responsable du pôle endocrinologie-diabétologie-métabolisme-nutrition-prévention cardiovasculaire de la Pitié Salpêtrière, a insisté sur le nécessaire développement d’une sociologie médicale qui permettrait d’analyser les trajectoires sociales des patients obèses, afin d’éviter les phénomènes d’exclusion et d’errance médicale et sur la nécessaire évaluation commune en Europe de la problématique et des actions menées. Il y a d’ailleurs un programme pilote engagé impliquant 14 pays, dont la France ne fait pas encore partie, le financement n’étant pas encore mis en place pour son déploiement. La prévention mise en place jusqu’à présent est centrée sur des conseils et des messages. Il faut franchir une nouvelle étape : celle de la facilitation de l’application des recommandations. Il faut de plus l’élargir au-delà de la seule « prévention nutritionnelle », avoir une perspective de « prévention systémique » afin d’inclure, au-delà des aspects de la simple nutrition, les notions d’, d’adaptation de l’environnement, de politique de la ville, etc. Il faudra passer d’une logique d’incitation (« manger 5 fruits et légumes par jour ») à une logique de facilitation : vélib’ pour l’activité physique, repas équilibrés à la cantine et en restaurant d’entreprise, etc. En plus de tout cela, il faudra du temps, car le temps de la prévention n’est pas le temps du politique. Si l’on compare à la problématique du tabac, ou de la sécurité routière, il aura fallu compter plus de 30 ans pour ressentir des effets visibles et à long terme des tendances… Il ne faut donc pas se décourager, mais au contraire structurer et amplifier la prévention et les actions en les ciblant à la fois vers la population générale et les personnes déjà concernées. Il faut également repenser l’équipement des centres de soins publics et privés, ainsi que tout les lieux de prise en charge des personnes dépendantes, afin d’offrir aux personnes en situation de surpoids et d’obésité un accès au soin aussi adapté qu’aux autres patients.

Les réactions suscitées dans la salle et la discussion qui en a découlé a montré la nécessaire existence d’un canal de communication plus visible et mieux adapté entre les différentes instances qui sont concernées par ce dossier de santé publique, mais également en direction des « patients » et de la population en général. Informer, expliquer sont les termes qui sont souvent revenus. L’Observatoire de l’Obésité espère pouvoir contribuer à établir ces nécessaires jonctions et mises en lumière afin d’améliorer la coordination des actions.


DOCUMENTATION

Communiqué de Presse de Roche

Les résultats de l’étude

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Une pensée sur “Explorer toutes les pistes de la prévention, pour casser l’effet transgénérationnel de l’obésité

  • 30 novembre -0001 à 0 h 00 min
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    Je ne suis pas surpris que la communication soit toujours une priorité dans la prévention.

    Il est nécessaire de choisir les canaux de communication des cibles principales. Jeunes et défavorisés sont sur Youtube ou Dailymotion plus que sur facebook et peut etre pas sur doctissimo. je
    propose pour Noel un concours de messages en vers sur un accompagnement musical de RAP?

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