Alimentation & Enfants : de meilleurs repères pour éviter l’obésité infantile

Le 10 janvier se déroulait partout en France la journée nationale de dépistage de l’, une occasion de faire un bilan et un tour d’horizon autour des questions de l’enfant et de son alimentation.

Initiée par l’Afpa (association française de pédiatrie ambulatoire), l’association n’en est plus le pilote, désormais. Le blog Les Assos.com rapportait les propos du Docteur Georges Thiebault : « Cette journée a eu lieu durant 5 années avec des résultats jugés satisfaisants, une prise de conscience des familles, aussi nos efforts portent sur d’autres actions, plus ponctuelles. L’association reste bien entendu vigilante sur cette problématique et il est possible que certaines actions locales ou régionales soient maintenues ».

De son côté, Le CyberMag de Marjorie, insistait sur le fait que la situation empirait très rapidement et qu’il fallait aider nos à affronter cela en leur proposant des solutions adaptées : « selon un rapport de l’International Obesity Task Force (2005), 18 % des petits français seraient en surpoids : soit 1 enfant sur 6 ! Des chiffres alarmants qui, comparés aux années antérieures (3% en 1965, 5% en 1980, 16% en 2000) démontrent la réelle ampleur du phénomène « malbouffe » […] Ce poids physique et mental est bien trop lourd à porter pour un enfant … Il faut donc agir, et vite ! ».

Comme nous avons pu le souligner à maintes reprises sur notre blog, le dépistage précoce de l’obésité chez l’enfant, idéalement dans les toutes premières années, permet d’enrayer le phénomène ou de réduire autant que possible les conséquences fâcheuses et à long terme.

Par ailleurs, en conclusion de notre récente étude « Observations des discussions en ligne sur la prévention de l’obésité infantile », nous préconisions une meilleure interaction entre les différents acteurs qui entourent l’enfant afin d’offrir un parcours et des messages continus et cohérents. De même, nous insistions sur la nécessaire implication des marques agro-alimentaires dans ce processus.

Comme le souligne Infobébés.com : « avec 1 enfant obèse sur 10 dans le monde, […] il est important d’éduquer les enfants aux plaisirs du goût, dès le plus jeune âge.  » Les enfants doivent apprendre, tout comme n’importe quelle autre matière scolaire, le goût et les bonnes habitudes alimentaires « . Nous défendons précieusement ce point et en avons fait le coeur de notre action pour l’année 2012.

Alimentation et enfants : comment mieux coordonner famille, école et pédiatre ?

Il était donc intéressant de découvrir grâce au blog Infobébés.com, que Barilla, célèbre marque de pâtes italiennes, a choisi de fonder il y a deux ans un centre pour l’alimentation et . Leur dernière action autour du thème « Alimentationet Enfants », a particulièrement retenu notre attention. Parmi les supports disponibles, les vidéos ont été doublées en Français et nous avons notamment été intéressés par l’intervention sur le thème « Ecoles, familles et pédiatres : rôles et initiatives ». Elle rejoint notre position multidisciplinaire et la nécessité incontournable de créer un réseau pertinent d’information et d’échange. Chaque mailllon compte dans cette chaine capable à nos enfants d’évoluer de façon cadrée et épanouissante.

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Cette vidéo permet de rappeler que les mamans doivent être éduquées pour pouvoir d’une part, offrir les meilleures chances à leurs enfants dès le bas âge et transmettre aussi ces bonnes pratiques quand ils seront plus grands. C’est notamment le rôle du personnel médical et des pédiatres, y compris dans le cadre du dépistage précoce. Ils ont une fonction de formation à remplir. Le fait est que concernant l’école, il faut se rendre compte que pour certains enfants, ils y mangent 2 ou 3 repas par jour dans certains cas (petit-déjeuner, déjeuner et goûter), d’où la nécessité d’encadrer ces repas, comme le fait à sa façon Michelle Obama par exemple aux Etats-Unis.

Il faut également rappeler que les générations précédentes avaient l’habitude de se dépenser beaucoup plus physiquement et que nous avons assisté à une évolution de l’environnement qui ne va pas dans le bon sens : les enfants ne mangent pas forcément plus, mais bougent beaucoup moins. Sur ce point, autant l’école que la famille doivent concourir à participer à la mise en place d’offres motivantes pour les enfants pour les faire bouger plus.

De nombreux parents, indépendamment de leur âge, ne pensent pas forcément qu’ils peuvent participer à la modification du système et des comportements alimentaires : il faut donc offrir de l’information utile, pratique et accessible pour les aider à aller dans ce sens. Par ailleurs, les préoccupations pour l’environnement peuvent jouer un effet de levier pour aider à ces modifications des comportements.

Donner de meilleurs repères pour mieux s’alimenter

Face à cette double préoccupation, le Barilla CFN (Center for Food and Nutrition) a rédigé un rapport sur la thématique « Enfant et alimentation », dans lequel il publie une double pyramide pour les enfants :

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Cette doulble pyramide montre d’un côté la classification des aliments en allant des plus recommandés (comme les céréales complètes) aux moins recommandés (comme les sucreries), et de l’autre l’impact sur l’environnement de la production de différents types d’aliments (les fruits et les légumes étant les moins impactants et la viande le plus, ici). Cette double pyramide permet de créer un dialogue intéressant pour faire évoluer nos pratiques alimentaires vers un « mieux » général.

L’USDA, le département de l’agriculture américain, proposait en 2005 une version plus ludique, pratique et complète de cette pyramide, en positionnant aussi l’activité physique dans l’équation générale.

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Par ailleurs, depuis quelques années, ces fameuses pyramides, que l’on nous a enseignées à l’école, tendent à disparaître pour offrir des lectures plus immédiates et compréhensibles de comment consommer, surtout en quelles proportions… Ainsi en Angleterre, on trouve « eatwellplate » et aux Etats-Unis, Michelle Obama a introduit « choose my plate ». L’idée est ici d’une part, de rappeler qu’il faut de préférence manger à table et dans une assiette (et éviter le grignotage), et d’autre part, de donner une idée des rapports de proportion entre les différents types d’aliments afin d’obtenir des repas équilibrés. Vous pouvez en savoir un peu plus en vous rapportant à ce billet sur L’atelier des couleurs.

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Ainsi, prévenir et lutter contre l’obésité infantile demande donc de créer un schéma d’intervention dans lequel chaque acteur trouve sa place et entre en résonance avec les autres afin que parents et enfants puissent trouver les éléments de références et de réponse pour créer ou recréer un environnement permettant de construire ou rééduquer l’équilibre alimentaire.

L’Observatoire de l’Obésité (ObObs) compte bien poursuivre ses actions engagées en ce sens !

Auteur : T.A

 

 

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